Combustion spontanée : comment ça marche

On relève en deux siècles environ trois cent cas avérés de combustions spontanées, la dernière en date ayant eu lieu en 1992 en Angleterre. Ces événements laissent derrière eux un cadavre aux os calcinés, alors que mis à part l’endroit où a brûlé la victime, le reste de la pièce ne présente aucun signe d’incendie ou de chaleur intense. Qu’est-il arrivé à ces personnes, apparemment frappées au hasard, dans leur propre demeure, par un feu aux propriétés mystérieuses ?

Combustion spontanée : l’énigme des faits

Les donnés brutes ont de quoi rendre perplexe. Une personne tout à fait ordinaire est retrouvée un beau jour réduite en cendres, encore sur son fauteuil ou sa chaise. Parmi les cendres subsistent des parties étrangement intactes : un pied, une paire de jambes (qui peuvent encore porter des bas non abîmés), parfois un morceau de tête, tous à leur place, tombés là où le reste du corps ne les soutenait plus.

Le fait que les os eux-mêmes soient détruits est le plus surprenant. Calciner les os d’un corps, lors d’une incinération par exemple, nécessite en effet une chaleur extrême, de l’ordre de 1500°C ; sans cela le squelette demeure, car il est bien plus résistant que les chairs. Il est donc difficile d’expliquer la présence de parties de corps exemptes de brûlures à proximité immédiate des parties calcinées. A titre de comparaison, la chaleur émise par le bout d’une cigarette est d’environ 400 degrés lorsqu’on la laisse se consumer, et monte à 700 degrés lorsqu’on tire dessus. C’est assez pour enflammer des vapeurs d’essence pendant une chaude journée d’été, mais cela n’explique pas la crémation totale d’une victime non marinée dans les hydrocarbures, ni l’absence de dégât toujours constatée dans le reste de la pièce. Le résultat d’une combustion spontanée se distingue bien des conséquences d’un incendie dû à une projection d’étincelles ou à une bougie (image : les restes d’Helen Conway, avec un bas encore intact).

Explications courantes : paranormal ou moralisme

Devant l’énigme de ces combustions à la fois violentes et incomplètes, certains ont rapidement fait l’hypothèse du surnaturel. La victime aurait été intentionnellement visée par un esprit ou une créature ayant le pouvoir de diriger le feu avec précision ; elle aurait été traversée par une énergie inconnue suffisamment intense pour détruire les os ; ou bien il s’agirait d’une punition divine, infligée à un individu aux moeurs particulièrement dissolues.

Cette idée de punition a influencé, de manière détournée, les investigations du XVIIIe siècle et du XIXe siècle scientifique. L’alcool est alors la cible des attaques moralisatrices. On imagine facilement qu’un liquide inflammable puisse, à force de consommation, saturer les chairs imprégnées au point de les rendre inflammables à leur tour. L' »incendie par alcoolisme » est expliqué par une concentration anormale de produit inflammable, dont on ne se demande pas si son assimilation par l’organisme le transforme, et dont on postule qu’il est stocké au long terme plutôt qu’éliminé naturellement. Mais il faudrait que les chairs soient saturées d’alcool à hauteur de 24% pour être ainsi inflammables, alors que le seuil mortel est de 1%.

Une nouvelle explication aux combustions spontanées : l’effet mèche

La faille des différentes explications des combustions spontanées vient du fait que l’on admette toujours une combustion rapide et une chaleur intense, égales à celles utilisées dans les crématoriums. Dans ce cas, il est impossible de déterminer la cause de la combustion (une cigarette ou une bougie n’étant pas des sources de chaleur suffisantes), ni d’expliquer l’absence de dégâts autour de la victime.

L’idée que le corps peut se consumer comme une bougie dans certaines circonstances permet d’éliminer ces difficultés. La graisse humaine contient trop d’eau pour s’enflammer d’elle-même ; mais elle peut brûler. Une combustion lente, déclenchée sur un vêtement, sera en mesure de faire lentement s’évaporer l’eau au fur et à mesure. Le corps humain brûle alors de la même manière qu’une simple bougie. En effet, la graisse humaine a besoin, pour brûler d’elle-même, d’environ deux cent cinquante degrés, mais si l’on fournit une mèche capable d’amener le liquide par capillarité à l’endroit où elle se consume, le corps pourra continuer de brûler même si la température tombe aussi bas que vingt-quatre degrés, et ce jusqu’à épuisement du combustible. Cette hypothèse a été vérifiée par une expérience de l’Institut Criminologique de Californie, où une carcasse de porc enveloppée dans une couverture a été entièrement détruite au bout de cinq heures, par combustion lente. Elle est également soutenue par le fait que la plupart des victimes de combustion spontanées étaient en surpoids, la graisse fournissant davantage de combustible au niveau du torse et de l’abdomen, ce qui explique aussi l’absence de brûlure sur les autres parties comme la tête ou les pieds.

Les victimes de « combustion spontanée » devaient donc être déjà mortes, ou du moins sous l’effet de somnifères puissants, avant de brûler jusqu’aux os, ce qui vient contredire l’image que l’on se fait d’un tourbillon de feu fondant sur une personne sans défense. Mieux vaut en tout cas éviter autant que possible de vous endormir en pyjama de soie, cigarette dans une main et verre de whisky dans l’autre, sur votre fauteuil préféré et après un bon McDo.

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